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Historique du bâtiment M

 

Un palais public

Ce fut un événement. Inauguré en 1984, l’édifice qui abrite actuellement la Direction départementale des Territoires du Maine-et-Loire fut reçu alors comme un monument d’architecture. La presse nota "l’insolite, la beauté des lignes et le choc de l’inattendu". Avec ses cours et ses patios, ses colonnades et ses arcs en mitre, ses terrasses et ses buis, d’aucuns songeront à Pise, Byzance, Cambridge ou Fontevraud. Le familier du cloître du musée Saint-Jean s’y reconnaîtra. Cette dimension historique prend d’autant plus d’éclat que l’édifice affiche une élégante modernité. Il n’est pas interdit à l’architecture d’un bâtiment administratif de donner à rêver.

 

L’architecte Yves Moignet, Grand Prix de Rome, a conçu cet ouvrage comme un palais public, dont les formes nouvelles s’inscriraient dans la continuité de l’art gothique Plantagenêt et des inspirations italiennes des châteaux de la Loire : "il est le fruit d’une réflexion sur le patrimoine culturel de l’Anjou et les abords de la place Racine".

Avec ses vastes terrasses dessinées dans la tradition des jardins figurés par Androuet du Cerceau, cette réalisation crée un site offrant de multiples vues sur lui-même. Elle forme une promenade intérieure agrémentée de points de vue pittoresques et de perspectives variées, ponctuées d’œuvres de marbre sculptées, telles une tête de cheval ou les racines d’un arbre soulevant un mastaba. Le hall d’accueil de ce labyrinthe est orné de fresques où le même artiste, Jean-Yves Bourgain, prenant pour modèles quelques membres du personnel, accompagne son œuvre d’une citation de Julien Gracq : "Tant de mains pour transformer ce monde, et si peu de regards pour le contempler".

Ce bâtiment offre aux agents de la Direction départementale des Territoires du Maine-et-Loire un plan compact de 8000 m2 sur 4 niveaux, dans un dédale de bureaux aux formes variées. Construit à l’époque pour 55 millions de francs (dont 39 pour la seule construction), il témoigne qu’un "palais des Mille et une nuits" peut se réaliser sans disposer de la fortune d’Ali Baba.